Le déversement d'eaux usées à Montréal est en cours

La Ville de Montréal procède depuis minuit, mercredi, au déversement de huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Les travaux qui forcent ce rejet devraient durer un maximum de sept jours, mais l'administration Coderre espère que l'opération sera réalisée dans un délai plus court.

Pendant cette période, les eaux usées de 12 arrondissements et 7 villes défusionnées, en tout ou en partie, emprunteront le chemin de l'ancien système d'égout pour se retrouver directement dans le fleuve.

« Il n'y aura pas d'odeurs », a assuré en conférence de presse le maire de Montréal, Denis Coderre. 

La purge de l'intercepteur sud-est à réparer, un tuyau de 30 kilomètres qui transporte les eaux usées vers la station d'épuration de la Ville, durera de 18 à 24 heures. Les travailleurs pourront ensuite entrer dans l'intercepteur pour procéder à diverses réparations.

Des inspections ont révélé un état avancé de détérioration. On doit notamment retirer des pièces qui risquent d'abîmer l'intercepteur, et possiblement causer des surverses non prévues, en plus de réaménager la chute à neige Riverside.

Précautions

Pendant les sept jours que dureront les travaux et 48 heures après la fin des déversements, les citoyens ne doivent pas toucher à l'eau du fleuve.

La Ville leur demande aussi de ne pas jeter d'objets dans les toilettes et les égouts, comme des cigarettes, des tampons, des serviettes humides, des condoms, etc. On demande également aux Montréalais de réduire leur consommation d'eau, en limitant par exemple le nombre de lessives, et d'utiliser des produits biodégradables.

Arrondissements et villes dont les eaux usées vont se déverser directement dans le fleuve :

Anjou (40 %), Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce (50 %), Côte St-Luc, Hampstead (10 %), Lachine, LaSalle, Mercier-Hochelaga-Maisonneuve, Montréal-Est (70 %), Montréal-Ouest, Mont-Royal, Outremont, Plateau-Mont-Royal (60 %), Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles (50 %), Rosemont-La Petite-Patrie (80 %), Saint-Léonard (50 %), Le Sud-Ouest, Verdun, Ville-Marie, Westmount.

Une grande campagne d'information est d'ailleurs mise en oeuvre dès aujourd'hui. Des avis seront distribués aux portes de 46 000 foyers de L'Île-des-Sœurs jusqu'à Pointe-aux-Trembles, à Montréal, et du côté sud de la rive. On cible ainsi les secteurs les plus proches des 24 points de déversements. Des panneaux seront aussi installés à ces endroits.

Pour voir la carte des déversements sur votre appareil mobile, cliquez ici.

Durant le déversement, l'ajout de matières en suspension au fleuve sera de 1 mg/l, soit l'équivalent d'une goutte d'eau dans un litre.

Une équipe de surveillance sera sur l'eau en tout temps pour réaliser des inspections visuelles, des prélèvements et des analyses. Une équipe de nettoyage sera aussi prête à intervenir.

Pour éviter la dispersion des matières, une estacade, sorte de barrière flottante, sera aussi installée à la sortie du collecteur Saint-Pierre, en amont du pont Champlain.

La Ville va également surveiller attentivement les rejets de 45 des 165 établissements industriels dont les eaux usées se retrouvent généralement dans l'intercepteur sud-est. Montréal ne précise pas lesquels. 

« On a tous à apprendre de tout ça. Là, on est tous sensibles. Est-ce que vous saviez qu'il y avait eu 45 000 déversements au Québec? Est-ce que vous saviez que dans des villes canadiennes, on transvidait [des eaux usées] dans le fleuve, à la mer ou dans des Grands Lacs sans que personne soit au courant? Alors je pense que cette saga-là est une opportunité de sensibilisation », a-t-il dit.Déterminé à mettre la controverse qui a entouré cette décision derrière lui, le maire de Montréal, Denis Coderre, a fait valoir en conférence de presse qu'elle aura au moins permis d'attirer l'attention des décideurs et de la population sur la santé du fleuve Saint-Laurent.

Le maire de Montréal admet par ailleurs du bout des lèvres que son administration aurait pu faire les choses autrement. « Je refuse qu'on parle de cachette et de manque de transparence », s'est-il défendu, en rappelant que les informations sur le déversement à venir étaient contenues dans des documents déposés au conseil municipal au mois d'août.

« Ce n'était pas écrit huit milliards de litres d'eaux usées, mais bout de viarge, quand on parle d'un tunnel de cinq mètres de diamètre et qu'on dit que pendant sept jours, il va y avoir un déversement, il doit y avoir un certain montant de litres qui sont comme pas mal, tsé. Alors ça, c'est la réalité de la vie. L'erreur, c'est que les gens ont eu la perception à un moment donné - parce que j'ai fait un break et que j'ai demandé un moratoire - qu'il y a des gens qui n'étaient pas au courant. »

Le maire de Montréal, Denis Coderre, a réitéré que la décision de déverser huit milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve n'avait pas été prise « par gaieté de coeur », mais que, faute d'options, la Ville n'avait pas le choix d'y souscrire.

« Les experts [mandatés par le ministère fédéral] ont confirmé que ne rien faire et risquer un déversement non planifié aurait des conséquences catastrophiques pour la santé du fleuve », a-t-il rappelé. « Aussi impopulaire soit-elle, c'est une décision responsable dont le but premier est d'assurer une protection pour notre fleuve et notre eau. »

L'aval du fédéral

Hier, la ministre fédérale de l'Environnement et des Changements climatiques, Catherine McKenna, a donné son feu vert au déversement sous quatre conditions.

Elle a notamment exigé que la Ville revoie son plan d'urgence pour faire face aux imprévus susceptibles de survenir pendant le déversement. Montréal doit aussi mettre en œuvre un processus de « surveillance visuelle » pendant l'intervention afin d'identifier les lieux d'accumulation de matières qui remonteraient à la surface, de façon à nettoyer les zones touchées par le déversement. Elle doit surveiller la qualité de l'eau, des sédiments et de la flore « avant, pendant et après » l'intervention, puis transmettre les données scientifiques à Environnement et Changement climatique Canada, jusqu'en juin 2016.

Enfin, la Ville devra se livrer à un examen approfondi des évènements qui ont mené à « l'incident ». Les parties touchées par le déversement, notamment les Premières Nations de la région et le gouvernement du Québec, pourront prendre part à cet examen, qui sera dirigé par le ministère.

Selon la Ville, ces mesures de mitigations coûteront entre 1,7 million et 2 millions de dollars. 

Tirer des leçons

À l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a convenu que le déversement « n'est pas idéal », mais que la Ville doit « malheureusement » aller de l'avant, en respectant les mesures de mitigation décidées par le gouvernement fédéral. 

Il a cependant refusé de se prononcer lorsqu'on lui a demandé si les évènements des dernières semaines devaient pousser Québec à investir davantage dans les infrastructures. 

« Il faut rapidement se réunir et tirer les leçons de ces évènements-là », s'est-il contenté de répondre à ce sujet. « Parmi les leçons à tirer, il y a notamment la question des infrastructures de traitement d'eau, les plans B et C, pour qu'on n'ait pas, j'espère, à revivre ce genre de problème-là. »

Le ministre québécois de l'Environnement David Heurtel a aussi dit être d'avis que le rejet d'eaux usées dans le fleuve n'est « pas souhaitable », mais préfère « un déversement contrôlé » au « un déversement non contrôlé » qu'aurait pu engendrer un bris d'aqueduc.

Le ministre Heurtel, qui avait déjà donné son accord au déversement, a également salué la décision de son homologue fédérale, Catherine McKenna, qui, en donnant son aval sous conditions à la Ville de Montréal, a pris une « décision basée sur la science ».

M. Heurtel a évoqué des impacts « minimes » et « restreints » sur l'environnement et rappelé que son ministère et celui de Mme Mckenna avaient prévu « des mesures de contrôle et de suivi » du déversement.

Il retient toutefois de cette controverse qu'à l'avenir, « tant au niveau municipal que provincial que fédéral, il faut qu'on travaille de façon beaucoup plus concertée ».

Heurtel critiqué

Au Parti québécois, cependant, on estime que « David Heurtel n'a plus aucune crédibilité comme ministre québécois de l'Environnement ».

« Les nouvelles conditions établies par le gouvernement fédéral prouvent que David Heurtel a autorisé de façon précipitée la Ville de Montréal à effectuer ce déversement, sans avoir toute l'information scientifique disponible. Par conséquent, il a échoué dans son rôle de protecteur de notre eau et de notre environnement », a déclaré Mathieu Traversy, porte-parole du PQ en matière d'environnement.

Le chef de la CAQ, François Legault, est aussi d'avis que le dossier « a été très mal géré par M. Heurtel ».

« Comment ça se fait que M. Heurtel n'avait pas proposé ces mesures d'atténuation? », s'est-il demandé, référant aux conditions posées par la ministre fédérale de l'Environnement Catherine McKenna.

Ici Radio-Canada

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«La mobilisation doit se maintenir»

Alors que TransCanada annonçait, le 5 novembre, qu’elle abandonnait l’idée de construire un port d’exportation de pétrole au Québec, le député de Terrebonne, Mathieu Traversy, appelle les citoyens à demeurer mobilisés pour convaincre le gouvernement que le projet Oléoduc Énergie Est est néfaste pour le Québec.

Celui qui est également porte-parole du Parti Québécois en matière de développement durable, d’environnement et de lutte contre les changements climatiques insiste : «Le PQ mène la bataille contre ce projet depuis le début, aux côtés des groupes environnementaux et des citoyens. Nous nous sommes mobilisés pour empêcher la construction d’un port permettant l’exportation du pétrole des sables bitumineux et pour faire reconnaître le droit des Québécois de décider du sort du projet Énergie Est. On ne peut pas à la fois assumer tous les risques environnementaux et ne pas avoir le dernier mot. Il faut que le ministre de l’Environnement réaffirme que c’est le Québec qui prendra la décision ultime dans ce dossier.»

Le député dit constater qu’actuellement, Énergie Est se bat pour sa survie. «Déjà, il y avait d’énormes inquiétudes quant aux impacts environnementaux qui découleraient d’un tel projet. Et maintenant, on abandonne l’idée d’un port en territoire québécois, ce qui limite d’autant plus les potentielles retombées pour le Québec. On peut donc légitimement se demander s’il reste des arguments en faveur d’Énergie Est dans la trousse de secours du gouvernement.»

Rappelons enfin que le Parti Québécois demande la suspension des travaux préliminaires autorisés par le ministère de l’Environnement, et réclame du ministre qu’il exige le dépôt immédiat de l’ensemble des documents nécessaires à la tenue d’audiences du BAPE. (VT)

La Revue

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10 choses qu'on risque de retrouver sur les berges après le déversement d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent

Que ça vous plaise ou non, la Ville de Montréal déversera le tiers de ses eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Le rejet commencera dans la nuit de mardi à mercredi.

Bien que la ville de Montréal ait demandé à ses citoyens de limiter les déchets qu’ils jettent dans la toilette, plusieurs craignent que ces 8 milliards de litres d’eaux usées laissent des matières indésirables sur les rives des municipalités longeant le fleuve.

Tous les jours, plus de 20 tonnes de déchets seraient captées par les grilles de la station d’épuration.

Voici donc la liste des objets qu’il serait possible de retrouver sur les berges du fleuve:

Cigarettes

 

Condoms

Coton-tiges

Couches
 
Médicaments
 
Seringues

Papiers essuie-tout

Tampons
 
Serviettes humides jetables

Qui ramassera?

À l’Assemblée nationale mardi, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de développement durable et d’environnement, Mathieu Traversy, a questionné le ministre de l’Environnement, David Heurtel, à savoir qui paiera et qui ramassera les déchets sur les berges après le déversement.

Le sujet a donné lieu à un échange corsé entre le député et le ministre qui a contourné la question trois fois plutôt qu'une:

Le Journal de Montréal

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«Une façon de nous dire merci»

Pour une 8e année, l’Amicale des Vétérans de Terrebonne invitait le public à souligner le jour du Souvenir à l’occasion d’une parade le 7 novembre et, selon les organisateurs, près de 2 000 personnes ont répondu à l’appel.

Le défilé débutait sur Léopold-Lachapelle pour se terminer sur le boulevard des Braves près du monument érigé en l’honneur de nos héros de la guerre. Tour à tour, des dignitaires ont pris la parole. Le député de Terrebonne, Mathieu Traversy, a fait remarquer qu’il y avait 70 ans, la Deuxième Guerre mondiale prenait fin. Le nouveau député de Terrebonne à la Chambre des communes, Michel Boudrias, a pour sa part rappelé fièrement que lui-même avait servi dans l’armée canadienne. Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, a assuré les vétérans et les soldats qui avaient servi pour la liberté de toute la gratitude des Terrebonniens. En plus des traditionnels coups de canon et des pièces musicales interprétées par des corps de cadets, pas moins de 22 couronnes de fleurs ont été déposées devant le monument commémoratif.

Fiers de cette journée

Les organisateurs de cet événement, Roger Laliberté, président de l’Amicale et sa femme, Micheline, étaient très heureux du déroulement de la parade et de la cérémonie. «Il y avait environ 600 participants au défilé, dont 400 cadets et de 25 à 30 vétérans», mentionne Micheline Laliberté.

Parmi ces vétérans, on comptait sur Raymond Olivier, 89 ans, et Arthur Dubé, 90 ans. Tous deux ont participé à la Seconde Guerre mondiale. «Pour moi, une journée comme aujourd’hui se veut une façon de nous dire merci», explique Arthur Dubé, qui a également pris part à la guerre de Corée, tout comme M. Oliver, d’ailleurs. «C’est une façon d’apprécier tout le chemin que nous avons fait durant ces deux guerres», renchérit Raymond Oliver, qui a débarqué en Normandie entre Dieppe et l’opération Overlord en 1944, soit le grand débarquement.

Roger Laliberté, quant à lui, a participé à des missions de paix. La première, au début des années 1950 en Allemagne. «Je suis fils de militaire et huit ans après la guerre, je me suis rendu en Allemagne avec un contingent canadien. En 1964 et en 1969, j’ai participé à d’autres missions de paix avec les Casques bleus à Chypre», se souvient-il. Au total, il aura servi 12 ans dans l’armée canadienne.

Des vétérans de partout

L’Amicale des Vétérans de Terrebonne compte actuellement 57 membres actifs, mais plusieurs devraient renouveler leur adhésion au cours des prochains mois. «Des membres nous viennent d’aussi loin que Drummondville, et nous comptons sur d’anciens combattants qui font partie du UN-NATO (United Nations et North Atlantic Treaty Organization), soit les Nations unies et l’Organisation du traité Atlantique Nord (OTAN)», révèle M. Laliberté.

Par ailleurs, si, sur le monument du parc Masson, on peut lire les noms des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, l’Amicale des Vétérans aimerait que l’on y retrouve éventuellement les noms de ceux qui sont morts lors de la Deuxième Guerre et de la guerre de Corée. Mais cela ne se fait pas tout seul et l’organisme souhaite qu’éventuellement, elle puisse être épaulée dans cette démarche. 

La Revue

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La fin d'une crise politique

Déversement des eaux usées

Après avoir été approuvé, arrêté, suspendu, encensé et contesté, le déversement de huit milliards de litres d’eau contaminée dans le fleuve aura lieu mercredi. C'est une véritable crise politique qui va connaître son dénouement.

Le dossier qui était sur le bureau du fédéral depuis un an avait soulevé l'indignation de la population lorsqu'il a été médiatisé dans les dernières semaines.

Quelques jours avant le scrutin du 19 octobre dernier, le fédéral avait suspendu l'opération. Le maire de Montréal, Denis Coderre, avait vivement réagi notamment en déclarant que les conservateurs tentaient de se faire des intérêts politiques sur le dos des Montréalais.

La crise s'était également transportée au provincial, alors que l'opposition a accusé le ministre de l'Environnement de s'être traîné les pieds dans ce dossier.

Aujourd'hui, le ministre David Heurtel s'est défendu en expliquant que le ministère de l'Envrionnement avait fait son travail de façon rigoureuse et que le fédéral ne venait que confirmer cela.

Toutefois, ce n'était pas la réponse qu'attendait le député péquiste Mathieu Traversy. «Qui va ramasser les couches, les seringues, les condoms, les déchets qui vont venir souiller les berges du littoral du fleuve Saint-Laurent?»

TVA Nouvelles

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Eaux usées: Québec ouvert à financer de nouvelles infrastructures à Montréal

(QUÉBEC) Le gouvernement Couillard mènera un «post-mortem» après le déversement d'eaux usées à Montréal pour faire en sorte qu'un événement semblable ne se reproduise plus. Québec se montre d'ailleurs ouvert à financer la construction de nouvelles infrastructures pour atteindre cet objectif.

«Il faut rapidement après se réunir et tirer les leçons de cet événement-là, a déclaré le premier ministre Philippe Couillard mardi matin. Parmi les leçons à tirer, il y a notamment la question des infrastructures de traitement d'eau, les plans B et C pour qu'on n'ait pas j'espère à revivre ce genre de problème.»

«Mais c'est prématuré pour l'instant de dire quelle serait la meilleure solution à long terme», a-t-il ajouté.

M. Couillard et ses ministres ont tour à tour souligné que le déversement de 8 milliards de litres d'eaux usées n'est «pas souhaitable». Ils martèlent s'être basés sur des recherches scientifiques pour autoriser l'administration Coderre à procéder avec l'opération controversée.

«Les impacts seront minimes, seront restreints, a dit le ministre de l'Environnement, David Heurtel. Et en même temps, ça va être une solution qui va permettre de s'assurer qu'un déversement de loin pire ne se produise pas.»

Son collègue aux Affaires municipales, Pierre Moreau, a évoqué la construction d'une «conduite de dérivation temporaire» qui permettra d'éviter un déversement à grande échelle la prochaine fois qu'il faudra purger une canalisation.

Québec est «absolument» prêt à épauler la métropole si la construction d'une telle infrastructure est nécessaire.

«Ce n'est pas que Montréal, a résumé M. Moreau. Quand il y a un déversement dans l'environnement, c'est l'ensemble des municipalités et c'est l'ensemble des contribuables du Québec qui (...) écopent. Alors oui, le Ministère est prêt à accompagner Montréal.»

À l'Assemblée nationale, l'opposition a vertement critiqué le gouvernement libéral, qui a donné son feu vert à la Ville de Montréal. Le député du Parti québécois, Mathieu Traversy, somme Québec de dire qui paiera pour le nettoyage des berges lorsque des résidus se retrouveront en aval.

«Qui va devoir payer pour ce déversement? a demandé M. Traversy. Est-ce que c'est le fédéral qui a autorisé le déversement cette semaine? Est-ce que c'est le gouvernement du Québec qui a fermé les yeux sur l'autorisation de la ville de Montréal? Est-ce que c'est la ville de Montréal qui est responsable du déversement? Qui va payer: les municipalités ou les riverains? On veut savoir.»

La députée de Québec solidaire, Manon Massé, a elle aussi critiqué le gouvernement.

«Le rôle du ministère de l'Environnement du Québec devrait être d'intervenir en amont, pas de regarder ce qui se passe une fois le désastre commencé, a-t-elle dénoncé.  M. Heurtel n'a pas cru bon intervenir avant que ce soit rendu public et c'est très inquiétant.»

La Presse

 

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Eaux usées: le déversement débutera mercredi, annonce le maire Denis Coderre

MONTRÉAL – Le déversement de huit milliards de litres d’eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent commencera à minuit une minute ce mercredi pour une durée maximale de sept jours consécutifs.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, en a fait l’annonce mardi, tout en précisant que cette opération se ferait dans le respect des quatre conditions imposées la veille par la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, dont il a salué l’arrivée en lançant une pointe à celle qui l’avait précédée, la conservatrice Leona Aglukkaq.

«Peut-être qu’à l’avenir — et maintenant on a une ministre qui croit à la science, on a une ministre qui est transparente et on a une ministre qui est aussi verte — on pourra travailler davantage ensemble et on n’aura pas à attendre un an pour avoir des autorisations pour que, par la suite, des gens puissent faire de la politique sur le dos des Montréalais», a déclaré le maire en conférence de presse.

Ces conditions, qui visent à réduire les impacts de la manoeuvre, comprennent une surveillance plus étroite du panache d’eaux usées et un nettoyage des endroits où les rejets s’accumuleraient, un resserrement de la gestion des rejets industriels et une surveillance accrue de la qualité de l’eau avant, durant et après le déversement.

Denis Coderre a reconnu à plusieurs reprises que son administration devrait revoir le plan de communication dans de telles circonstances, parlant de leçons apprises en cours de route. Il estime cependant que la vague de mécontentement soulevée par la décision aura au moins permis de jeter un éclairage sur la question du traitement des eaux usées et provoqué la production de retombées scientifiques utiles.

«Au final, cet épisode aura eu l’effet bénéfique de sensibiliser encore davantage la population à l’importance de protéger nos cours d’eau. J’y vois aussi une excellente opportunité d’accumuler des données scientifiques qui serviront à l’ensemble des villes canadiennes», a-t-il dit.

Le maire Coderre a fait valoir encore une fois qu’il s’agissait là d’un mal nécessaire afin de réparer et d’entretenir les infrastructures de traitement de l’eau et ajouter de nouveaux équipements pour améliorer le traitement des eaux usées.

«Mon équipe et moi, on travaille depuis plusieurs années non pas à contribuer à la pollution du fleuve, mais plutôt à contribuer à le dépolluer», a plaidé le responsable de la gestion des eaux usées à la Ville de Montréal, Richard Fontaine.

Le projet a reçu l’aval de nombreux experts de tous les niveaux de gouvernement qui estiment, à l’instar de la Ville de Montréal, que le risque de bris et de déversements beaucoup plus importants était trop élevé pour ne pas aller de l’avant.

Tous les experts consultés estiment que les risques pour l’environnement sont très limités et pratiquement absents par rapport à l’eau potable des municipalités situées en aval, bien que des mécanismes de surveillance accrue soient prévus.

L’assèchement de l’intercepteur sud-est permettra, en plus des réparations prévues à la chute de neige sous l’autoroute Bonaventure, d’inspecter et d’y remplacer l’ensemble des équipements défectueux. Les travaux comprennent également l’installation d’un équipement de désinfection à l’ozone et l’ajout de bassins de rétention.

Ceux-ci permettront de réduire considérablement les déversements non planifiés lors de grandes pluies ou de neige abondante, alors que le traitement à l’ozone permettra d’éliminer la quasi-totalité des coliformes fécaux, des virus, des produits pharmaceutiques et autres contaminants qui, présentement, ne sont pas interceptés par l’usine d’épuration.

À Québec, l’imminence du déversement a suscité plusieurs réactions mardi, et fourni l’occasion aux élus de prendre de bonnes résolutions.

Le premier ministre Philippe Couillard a convenu qu’il fallait «bien sûr» revoir à la baisse le nombre de déversements d’eaux usées dans le fleuve chaque année au Québec, qui atteignaient 45 000 en 2013.

Il a dit qu’il faudrait s’asseoir après coup, «faire un examen approfondi» et tirer des leçons de cette histoire, notamment quant aux nécessaires infrastructures de traitement des eaux municipales.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, s’est fait rassurant pour dire que les impacts du déversement de Montréal seraient «minimes» et «restreints». Il a dit qu’à l’avenir la Ville de Montréal, les gouvernements du Québec et d’Ottawa devraient davantage travailler de concert dans la gestion des eaux usées.

Le dossier a été très mal géré du début à la fin par David Heurtel, selon le chef caquiste François Legault. Le ministre Heurtel a démontré «une fois de plus» son incompétence et son manque de transparence, selon le porte-parole péquiste, Mathieu Traversy.

Le ministre des Transports et ministre responsable de Montréal, Robert Poëti, a dit qu’il espérait pour l’avenir «ne pas revivre ça». Il «faut prendre tous les moyens pour éviter qu’une situation comme celle-là se reproduise».

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a pour sa part dit que les gouvernements devaient apprendre de cette expérience, et qu’il fallait «essayer de réduire les déversements» d’eaux usées dans le fleuve. Il n’a cependant pas voulu fixer d’objectif précis de réduction.

L'actualité

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Mathieu Traversy encouragé par les actions de Laval et de la CMM

« Trois Grandes Îles » de la rivière des Mille-Îles
 
Terrebonne, le 6 novembre 2015 – Le député de Terrebonne, Mathieu Traversy, est encouragé par les engagements pris par la Ville de Laval et par la Communauté métropolitaine de Montréal dans le dossier de la protection des « Trois Grandes Îles » de la rivière des Mille-Îles.
 
« Dès ma première élection comme député, j’ai toujours appuyé les démarches citoyennes pour que les îles aux Vaches, Saint-Pierre et Saint-Joseph, situées directement en face de Terrebonne, soient protégées. En 2012, nous avions obtenu leur mise en réserve par un décret du gouvernement et, avec les récentes décisions de Laval et de la CMM, on sent que la sauvegarde de ces îles pourra bientôt devenir réalité », a déclaré le député.
 
Mathieu Traversy se réjouit de la perspective qu’une partie des sommes du Programme d’aide financière pour les projets contribuant à la mise en place de la Trame verte et bleue servent à la réalisation de ce projet : « L’acquisition éventuelle de ces îles pour qu’elles soient protégées et que leur riche patrimoine naturel soit mis en valeur cadre parfaitement avec l’objectif de ce programme, mis en place en 2013 par le gouvernement du Parti Québécois. Je demande maintenant à l’actuel gouvernement de confirmer le plus rapidement possible la réalisation de ce projet pour que les doutes sur l’avenir des îles aux Vaches, Saint-Pierre et Saint-Joseph soient définitivement dissipés. »
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L’abandon du port brouille le calcul des retombées

Énergie Est

En annonçant jeudi qu’elle excluait définitivement la construction d’un port pétrolier au Québec, TransCanada a relancé le débat sur les retombées économiques de son projet d’oléoduc Énergie Est. Le gouvernement Couillard a refusé de prendre position dans la guerre de chiffres que se sont livrée gens d’affaires et environnementalistes, mais il a reconnu que les avantages d’un pipeline sans port sont plus difficiles à évaluer.

« Avec un port en eaux profondes, c’est assez simple de calculer les bénéfices en termes d’infrastructures, d’emplois, etc. Sans ça, je ne dis pas que c’est impossible, mais c’est un peu plus compliqué », a déclaré le premier ministre Philippe Couillard après avoir appris que TransCanada renonçait à l’idée de construire un terminal maritime en sol québécois.

La compagnie en a fait l’annonce jeudi matin, par voie de communiqué, affirmant avoir écouté les collectivités locales, les acteurs concernés par le projet et ses clients. Le promoteur du projet a fait connaître en avril dernier sa décision de renoncer à la construction d’un port pétrolier à Cacouna, en plein coeur d’une « pouponnière » de bélugas, mais il avait laissé entendre que d’autres sites seraient évalués. Ce n’est plus le cas.

« Il n’y aura pas de port au Québec. La décision d’aujourd’hui est de consolider le projet d’oléoduc Énergie Est en un port maritime qui sera situé à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick », a confirmé le porte-parole de TransCanada, Tim Duboyce.

Difficile à évaluer

Selon le premier ministre Couillard, cette décision ne change rien aux sept conditions fixées par son gouvernement pour appuyer le projet, parmi lesquelles figure la preuve de retombées économiques pour le Québec. « C’est [au promoteur] de démontrer quels sont les avantages pour le Québec, qui ne peut se contenter d’être une simple voie de passage. »

Le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand, a pour sa part souligné que le gouvernement ne pourra évaluer les retombées économiques que lorsque la version finale du projet aura été déposée. « [Les représentants de TransCanada] disent qu’il y a des bénéfices au niveau de la construction, ils ont des ententes avec des raffineurs. Ce sont leurs prétentions. On va le regarder, on va l’analyser comme n’importe quel autre projet », a-t-il dit.

TransCanada transmettra à l’Office national de l’énergie (ONE) la version finale de son projet — sans port québécois et avec un trajet modifié — d’ici la fin de l’année 2015, a indiqué M. Duboyce.

« Ça confirme aujourd’hui que les retombées économiques pour le Québec, dans le cadre du projet, vont réellement être minimes comparativement aux risques énormes que ça peut occasionner sur le territoire québécois », a plus tard réagi le porte-parole de l’opposition officielle en matière d’environnement, Mathieu Traversy. « Le Québec doit donc avoir le dernier mot dans ce dossier. »

Risques ou bénéfices

Avec ou sans port pétrolier au Québec, le projet Énergie Est demeure sensiblement le même : un oléoduc de quelque 4600 kilomètres, dont la mise en service est prévue en 2020, permettant d’acheminer quotidiennement 1,1 million de barils de pétrole des sables bitumineux jusqu’au Nouveau-Brunswick.

TransCanada fait valoir que le projet créerait annuellement 4000 emplois en moyenne au Québec pendant les sept années de planification et de construction et près de 2 milliards de dollars en revenus fiscaux pour la province pendant la planification, la construction et les 20 premières années d’exploitation.

« Nos analyses prévoient que les bénéfices et les retombées vont rester très semblables [avec ou sans port pétrolier] », a souligné le porte-parole de la compagnie.

Des documents que TransCanada a transmis à l’ONE indiquent cependant que seulement 60 emplois directs seront créés au Québec durant la phase d’exploitation du pipeline, fait remarquer le responsable de la campagne climat-énergie chez Greenpeace Canada, Patrick Bonin. Ce nombre aurait grimpé à 110 avec un terminal maritime.

« C’est un projet qui générerait à peine quelques dizaines d’emplois à long terme au Québec, alors que toutes les communautés du sud du Québec, ou presque, devront vivre avec des risques majeurs pendant 40 ans », a affirmé M. Bonin. À son avis, le processus d’évaluation environnementale en cours est un « fiasco » et doit être suspendu jusqu’à ce que la réforme promise par les libéraux en campagne électorale soit appliquée.

« Avec l’abandon d’un port au Québec, la majeure partie de l’argument économique de TransCanada s’envole, et ce qui va rester pour le Québec, ce sont les risques, de très gros risques », a renchéri le porte-parole d’Équiterre, Steven Guilbeault.

Le patronat intervient

À l’opposé, l’association Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) retient que la construction du pipeline représente des contrats d’une valeur totale de plus de 100 millions de dollars pour quelque 250 fournisseurs québécois et permettrait de maintenir des activités de raffinage au Québec.

« On a laissé courir pendant trop longtemps l’idée qu’il n’y avait pas de bénéfices économiques liés à des projets de transport d’hydrocarbures. C’est complètement faux », a insisté le président de MEQ, Éric Térault. Le Conseil du patronat du Québec et les chambres de commerce de la province ont également signé jeudi une lettre défendant l’importance économique d’Énergie Est.

Le Devoir

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Énergie Est: le projet n'est pas mort, mais pas fort

(Québec) Politiquement, le projet Énergie Est n'est pas mort, mais il n'est pas fort avec la décision du promoteur d'abandonner l'aménagement d'un port pétrolier en territoire québécois.

En arrivant à l'Assemblée nationale, le premier ministre Philippe Couillard a évité de dire que l'annonce par TransCanada amènera son gouvernement à bloquer le passage de l'oléoduc au Québec.

«Cela ne change rien aux conditions que nous avons établies», dont celles d'obtenir des retombées économiques suffisantes pour laisser passer. «Mais cela les rend plus difficiles» à atteindre, a-t-il concédé.

Le chef du gouvernement a fait écho au fait que les raisons environnementales avaient conduit la firme albertaine à laisser tomber la construction d'un terminal méthanier à Cacouna, dans un secteur du Saint-Laurent considéré comme la pouponnière des bélugas.

Sans anéantir les chances de donner un feu vert au mégaprojet de 12 milliards $, encore fallait-il «qu'il y ait démonstration très nette de bénéfices économiques. C'est au promoteur de faire cette démonstration.

«Avec un port en eaux profondes - non pas que je souhaite un retour aux installations à Cacouna -, c'est assez simple de calculer les bénéfices en matière d'infrastructures et d'emplois. Sans ça, je ne dis pas que c'est impossible, mais c'est un peu plus compliqué.

«Ce n'est pas mon projet, a-t-il poursuivi. C'est à lui [TransCanada] de démontrer les avantages économiques pour le Québec qui ne peut se contenter d'un simple droit de passage.»

Philippe Couillard a insisté sur le fait que toute spéculation apparaît vaine tant que TransCanada n'aura pas rendu public le tracé définitif du pipeline pour traverser le Québec sur quelque 700 kilomètres. Le dévoilement du projet final est attendu pour la fin de l'année.

Le ministre Pierre Arcand (Énergie et Ressources naturelles) n'a appris qu'en matinée, la décision de TransCanada sur le port. Lui aussi s'est dit dans l'attente de la divulgation des plans définitifs par la firme pour se prononcer sur les retombées économiques, mais aussi sur les impacts environnementaux et les répercussions du projet sur le réseau gazier au Québec.

Inacceptable, dit le PQ

Rencontré à Lévis, où il a prononcé une allocution, le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, a évité de dire s'il considère que l'abandon du projet portuaire sur les rives du fleuve constitue un obstacle supplémentaire à la construction du pipeline.

«De très nombreux maires sont en désaccord avec l'oléoduc. J'en tire comme conclusion, peut-être de façon préliminaire, qu'il existe de plus en plus un consensus au Québec» contre le passage du pipeline, a-t-il indiqué en insistant pour dire que, dans ce dossier comme dans tant d'autres, «ce sont les lois québécoises qui devraient prévaloir sur les lois fédérales».

Le porte-parole du Parti québécois dans ce dossier, lui, a laissé entendre qu'Énergie Est lui apparaît globalement et irrémédiablement inacceptable. Pour Mathieu Traversy, «à moins d'un revirement de situation majeur, rien [ne pourrait générer] des retombées économiques suffisantes pour faire accepter le projet».

Selon lui, les «risques environnementaux» et l'inacceptabilité sociale déclassent tout gain en emplois, lié à l'éventuelle construction d'un tuyau reliant l'Alberta au Nouveau-Brunswick, désormais seul emplacement pour aménager un terminal pétrolier.

M. Traversy n'a pas voulu dire si le transport par pipeline de produits pétroliers, comme le propose TransCanada, lui semble plus sécuritaire que d'utiliser le rail ou encore des pétroliers naviguant sur le fleuve. «Il n'y a pas de solution magique», s'est-il limité à répéter.

Le député péquiste de Terrebonne s'est montré sceptique que ce qu'acheminera TransCanada profitera aux raffineries québécoises de Valero, à Lévis, et Suncor, à Montréal. Énergie Est transportera du pétrole bitumineux de l'Ouest que ne peuvent traiter les deux raffineurs, a-t-il prétendu.

Il a accueilli avec autant de doute les déclarations des deux entreprises de raffinage qui ont affirmé qu'Énergie Est pourra les approvisionner avec d'autres types de pétrole. À ses yeux, les installations de deux entreprises ne peuvent recevoir du pétrole bitumineux à moins de consentir à d'énormes investissements.

«Importante victoire» pour les groupes environnementalistes

Plusieurs citoyens et groupes environnementaux se sont réjouis jeudi de l'annonce de TransCanada, qui abandonne l'idée d'un terminal pétrolier au Québec. Parmi eux, Patrick Bonin, responsable de campagne Climat-Énergie chez Greenpeace Canada, souligne qu'il s'agit d'une «importante victoire». «La mobilisation de la population se poursuivra et s'accentuera tant que le dernier clou n'aura pas été planté dans le cercueil du projet de pipeline de sables bitumineux Énergie Est», prévient-il toutefois. Selon ce dernier, TransCanada se montre «hypocrite lorsqu'elle se dit à "l'écoute des collectivités locales"».  

Le Soleil

 

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