L’âge de consommation divise les opinions

Dès le 17 octobre, les Canadiens pourront consommer de la marijuana à des fins récréatives. Venant d’adopter le projet de loi 157, le Québec autorisera la consommation à partir de l’âge de 18 ans. Un élément qui ne fait pas l’unanimité dans le milieu politique local.

Au départ, tant la Coalition Avenir Québec que le Parti Québécois n’auraient pas légalisé la consommation du cannabis. Devant la décision du fédéral, ils n’ont d’autre choix que de l’accepter. C’est donc dans une optique de moindre mal que les deux partis ont forgé leurs opinions respectives.

Du côté de la CAQ, «on joue la ligne dure», indique le député de Masson, Mathieu Lemay, qui comprend mal pourquoi on n’a pas fixé à 21 ans l’âge minimal pour consommer de la marijuana. C’est ce que son parti aurait privilégié, tout comme l’impossibilité de faire pousser du cannabis à domicile ou d’en consommer près d’un établissement scolaire ou dans les lieux publics.

«On pense à la protection du public et de la santé. Des spécialistes du Québec sont d’avis qu’avant l’âge de 25 ans, il peut y avoir des risques pour développer des troubles mentaux et la schizophrénie. Selon nous, 25 ans aurait été le bon âge, mais 21 ans est mieux que 18 ans», commente M. Lemay.

Mieux encadrer les jeunes consommateurs

Comme le député péquiste de Terrebonne, Mathieu Traversy, Diane Gadoury-Hamelin, candidate aux prochaines élections dans Masson pour le Parti Québécois et directrice générale du Carrefour jeunesse-emploi des Moulins, se dit d’accord avec la légalisation dès 18 ans, préférant voir ces jeunes consommer des produits contrôlés plutôt que ceux du marché noir, dont la qualité peut être «douteuse».

«À 18 ans, on est encore à l’âge de l’expérimentation. Si on légifère pour 21 ans, on risque d’en [échapper]», croit celle qui préfère qu’on les encadre plutôt qu’on les laisse naviguer du côté illicite.

La prévention demeure cependant un enjeu important, selon Mme Gadoury-Hamelin. «On n’en parle pas assez», martèle la candidate qui œuvre auprès des jeunes depuis bon nombre d’années.

Par ailleurs, toujours en lien avec l’âge légal pour consommer la marijuana, M. Traversy introduit une volonté du Parti Québécois d’harmoniser l’ensemble des lois au Québec. Les jeux de hasard, l’alcool et le droit de vote sont tous autorisés dès l’âge de 18 ans.

La Revue